BIG PORTRAIT – DANS L’AXE D’ALLEX

05/05/2016

Nouveau venu dans la BIG aventure, mais pas dans celle de l’histoire des festivals en France, Christian Allex estime que l’initiative lancée, il y a 8 ans à Biarritz, reste une des rares à pouvoir résonner sur la scène internationale. A une condition …« un festival doit être l’âme d’une région » ! – Rencontre :

A la question «  en quelques mots ton parcours ? », c’est loupé. Christian Allex a beau essayé « de faire bref » , le chemin pour arriver au Pays Basque fût ponctué d’étapes aussi nombreuses qu’essentielles. Comme toutes les étapes d’une vie choisie avec le cœur. Le coeur fou et passionnée du lycéen dijonnais pour organiser ses premiers concerts avant même d’avoir le BAC. Même tempo cardiaque, lorsqu’il est étudiant journaliste, mixe à ses heures dans les bars de la ville et programme les « Dj Rock » des Nuits Lyonnaises. Le cœur est encore là, quand il revient à Dijon, sa ville d’origine. Des origines au gout de « l’ AN-Fer, la première salle avec un DJ résident » (un certain Laurent Garnier…). Dés 92, il complète la programmation électro avec des groupes repérés sur le terrain de la pop anglaise. Ici, il invitera « aussi bien Franck Black, Macéo Parker, Shed Seven que Daft Punk, Cassius ou Bob Sinclar ». Plus tard, il pilote, le Global Tekno de La Villette consacré aux arts numériques. Nancy Jazz Pulsion lui confie sa section « nouvelle tendance ».

En 2000, alors qu’il est invité par les officiels des Territoires de Belfort, il prédit « un avenir sombre aux Eurockéennes malgré ses 100 000 spectateurs… » Le Président du Conseil Général, lui propose sur le champ le poste de directeur artistique et lui laisse 10 minutes pour prendre sa décision… Ce sera « oui » à deux conditions : « travailler à temps complet sur la programmation et de chez lui à Dijon ».

C’est surement, ici, sur ces terres bourguignonnes, qu’il a développé son attachement aux terroirs, aux terres et ceux qui l’a font. Un autre ingrédient des programmation confiées à cet homme orchestre d’autres festivals aux caractères bien trempés : Paloma (Nimes), Cabaret Vert (Charleville-Mézières) et aujourd’hui, le BIG de Biarritz, « au Pays Basque ! ».

Là encore, c’est le cœur qui parle pour expliquer ce qui l’amène à choisir d’intégrer l’aventure du BIG : « j’ai le sentiment d’avoir grandi ici aussi… Ce sont mes premières vacances avec ma Grand-Mère à Hendaye. J’avais 1 ans. Jusqu’à 11 ans, elle m’emmenait ici ou à St Jean de luz, à Biarritz…tu imagines, ce que cela représente pour moi aujourd’hui. Des émotions et des souvenirs qui reviennent en pleine figure. Des couleurs, des odeurs… » presque un premier émoi musical, « j’avais 10 ans, une affiche qui annonçait le roi du funk au fronton d’Hendaye, m’avait intriguée, j’ai réussi à convaincre ma Grand-mère de m’emmener… et j’ai découvert James Brown !! ».

« Et l’avenir ? » Christian Allex prend le temps d’un silence avant de répondre… « il y a une telle âme ici. l’âme d’une région, c’est un des piliers de la réussite d’un festival. C’est l’histoire qu’on donne à vivre à ceux qui la partage. Et pour le partage, on est pas en reste au Pays Basque… c’est une culture d’accueil comme d’exploration, qui s’adapte de génération en génération, curieux des traditions comme d’autres horizons, on voyage et on revient ici, entre terre et océan et toujours cette douceur…même quand un basque va te mettre une tarte dans la figure, il te le dit doucement ! voir gentillement !! (Rires)…et puis il y aussi ce lien étroit avec l’Espagne, qui renforce encore la dimension cosmopolite de la région, ça pose le BIG dans un cadre assez unique : un des rares festivals qui peut prétendre à une dimension internationale au même titre que Coachella et le Montreux Jazz Festival ».

Bim ! le mot est lâché. Mais aussitôt Christian Allex précise : « ça devrait prendre 10 ans…et ce n’est pas la priorité ! (rires) ». Dans son agenda, d’abord, découvrir, les acteurs locaux, ceux qui seront peut-être demain, les relais chargés de donner le pouls du territoire pour élaborer le programme du festival. Oui, Christian Allex a choisi de rester à Dijon ; la distance, lui permet de « garder le recul nécessaire pour mieux voir ce qui se dégage » de l’effusion locale, ne pas tomber dans le piège du communautarisme démagogique « il n’y a aucun intérêt à faire un village gaulois où personne ne veut entrer tellement il parait fermé »…et toute façon « je ne programme pas parce que c’est local, mais parce que c’est bon ».

…Un indice précieux pour les groupes prétendants au line up du BIG. Christian Allex a ainsi pu profiter d’une liste d’une quinzaine de groupe, synthèse élaborée par le Directeur de l’Atabal, François Matton : « de Bilbao à Hossegor, y a vraiment des bons trucs. Aucun choix pour l’instant. Je continue d’explorer les pistes… Nous allons décider rapidement comment nous souhaitons intégrer ces groupes à la programmation : une scène dédiée ou aux cotés des têtes d’affiches ?… je suis plutôt pour la seconde solution, je veux surtout éviter le clivage groupes basques / stars internationales… Tout cela dépendra aussi de la déambulation à travers la ville qu’on pourra proposer pendant le festival, pas forcément dés cette année, mais pour les années à venir ».

Là encore, Christian Allex avance prudemment mais surement : « Les sites existants ont un potentiel énorme… mais nous allons revoir une partie de la scénographie. D’autres scènes pourraient voir le jour, le port vieux est magnifique, le phare,… c’est complexe, en plus des risques liés à la météo, il y a ceux liés à la météo marine… mais pour l’instant, plus que multiplier les lieux, on va s’attacher à coller au rythme d’un public, ne l’oublions pas, en vacances… et puis resserrer l’offre musicale autour d’une identité plus internationale… pas forcément des têtes d’affiches !! ».